Temps de lecture : 9 min
Comment mettre en location son appartement ou sa maison ?
Rédigé par Elodie FUENTES le 13 novembre 2023
Modifié par Maeva FLORICOURT le 07 octobre 2026
Relu et validé par Lia FLORES
Pour réussir la mise en location de son bien immobilier, il est important de soigner chacune des étapes avant de céder les clés à un locataire. De la préparation du bien, en passant par la rédaction du contrat de location et l’organisation des visites, découvrez comment s’y prendre.
En résumé
- Vérifier l’état du bien et contrôler la décence, la superficie (min. 9 m²) et les équipements.
- Choisir le type de location, vide ou meublée, le bail adapté à la cible.
- Faire les diagnostics immobiliers, constituer le Dossier de Diagnostic Technique (DDT)
- Déterminer le montant du loyer, vérifier l’encadrement des loyers selon la zone.
- Préparer l’annonce de location, texte complet, photos de qualité, diffusion sur les bonnes plateformes.
- Faire visiter le bien, organiser les visites et collecter les dossiers de candidature.
- Sélectionner le locataire, analyser la solvabilité et vérifier les pièces justificatives.
- Prendre les précautions contre les impayés, souscrire une Garantie Loyers Impayés (GLI).
- Rédiger le contrat de location, choisir le bail adapté et y intégrer toutes les mentions obligatoires.
- Réaliser l’état des lieux d’entrée, documenter précisément l’état du bien pièce par pièce.
- Envisager une gestion locative et confier le suivi à une agence pour déléguer toutes les étapes.
1/ Vérifier l’état du bien
Avant toute mise en location, le logement doit obligatoirement être considéré comme décent selon les critères définis par la loi. Cette mise en conformité est définie par le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 et s’impose à tous les propriétaires bailleurs qui mettent un bien à usage de résidence principale sur le marché locatif. Selon la loi, un logement considéré comme non conforme expose le bailleur à des poursuites, à l’annulation du bail ou à la suspension des loyers.
| Critères | Exigences légales |
|---|---|
| Surface minimale (décret décence du 30/01/2002) | Au moins 1 pièce principale de 9 m² avec 2,20 m de hauteur sous plafond, ou un volume habitable de 20 m³ |
| Sécurité physique | Installations électriques, gaz et chauffage conformes aux normes ; détecteur de fumée obligatoire |
| Salubrité | Absence de moisissures, d’humidité excessive, d’infestations ; murs et toitures en bon état |
| Éclairage et ventilation | Éclairage naturel dans les pièces principales ; ventilation suffisante dans les pièces humides |
| Équipements | Cuisine avec point d’eau, installations sanitaires fonctionnelles, eau chaude et froide |
| Performance énergétique | DPE de classe A à F obligatoire. Location interdite si DPE classé G depuis le 1er janvier 2025, puis F à partir du 1er janvier 2028 |
- Tout savoir sur la gestion locative
2/ Choisir quel type de location proposer
Avant de mettre un bien immobilier en location, il faudra déterminer le format du bail de location, soit une location nue ou une location meublée. Ce choix doit être réalisé en fonction de la cible du secteur et de la typologie du logement. Les biens situés à proximité des universités ou en centre-ville, attirent généralement des étudiants à la recherche d’une location meublée. Loin d’être anodin, choisir entre une location meublée ou vide aura également des conséquences sur la fiscalité du propriétaire bailleur. Le bail lui aussi sera différent d’un type de location à l’autre, son contenu, sa durée, etc…
3/ Faire les diagnostics immobiliers
Avant de mettre son bien en location, le propriétaire bailleur doit constituer un Dossier de Diagnostic Technique (DDT) et le remettre au locataire au moment de la signature du bail. Ce dossier rassemble l’ensemble des diagnostics obligatoires permettant d’informer le candidat à la location sur les caractéristiques techniques, énergétiques et sanitaires du logement. Dans le cas contraire, le bailleur s’expose à des sanctions et le locataire est en droit de demander une réduction de loyer ou la résiliation du bail.
| Diagnostic | Conditions d’application | Durée de validité |
|---|---|---|
| DPE – Diagnostic de Performance Énergétique | Tous les logements, sans exception | 10 ans (les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 sont désormais caducs) |
| CREP – Constat de Risque d’Exposition au Plomb | Logements construits avant le 1er janvier 1949 | 6 ans si positif ; illimité si négatif |
| Diagnostic amiante | Permis de construire délivré avant le 1er juillet 1997 | Illimité si absence constatée après 2013 (à tenir à disposition) |
| Diagnostic électricité | Installations de plus de 15 ans | 6 ans (3 ans si vente) |
| Diagnostic gaz | Installations de plus de 15 ans | 6 ans (3 ans si vente) |
| ERP – État des Risques et Pollutions | Tous les logements situés en zone à risques (très fréquent) | 6 mois – à refaire à chaque nouveau bail |
| ENSA – Diagnostic Bruit (Information sur les Nuisances Sonores Aériennes) | Logements situés dans une zone de bruit aérien | Variable selon arrêté préfectoral |
| Surface habitable | Locations vides à usage de résidence principale | Illimitée (sauf travaux modifiant la surface) |
4/ Déterminer le montant du loyer
Avant de fixer le loyer, le propriétaire bailleur doit d’abord vérifier si son logement est concerné par l’un des deux dispositifs d’encadrement des loyers.
L’encadrement de l’évolution des loyers en zone tendue. Dans les communes classées en zone tendue, le loyer ne peut pas augmenter librement entre deux locataires. Le nouveau loyer ne doit pas dépasser le dernier loyer appliqué, révisé selon l’indice de référence des loyers (IRL). Une hausse plus forte n’est possible que dans certains cas, par exemple après des travaux importants ou si le loyer précédent était manifestement sous-évalué. Pour les logements classés F ou G au DPE, toute hausse de loyer est interdite.
L’encadrement du niveau des loyers. Ce dispositif plus strict est en vigueur dans certaines villes seulement : Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et plusieurs territoires d’Île-de-France (Plaine Commune, Est Ensemble…). Dans ces communes, le préfet fixe chaque année des loyers de référence. Le loyer de base ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré. Un complément de loyer n’est possible que si le logement présente des caractéristiques exceptionnelles.
Le bailleur qui ne respecte pas ces plafonds peut être mis en demeure par le préfet de régulariser le bail et de rembourser le trop-perçu au locataire sous 2 mois. À défaut, il s’expose à une amende pouvant atteindre 5 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale. Le locataire peut par ailleurs engager une action en diminution de loyer. Mis en place à titre expérimental, ce dispositif doit prendre fin le 23 novembre 2026, sauf si le Parlement le prolonge.
Si le logement n’est concerné par aucun de ces dispositifs, le propriétaire fixe librement le montant du loyer. Il est toutefois conseillé de bien se renseigner sur le prix au m² dans le secteur, pour louer son bien au juste prix et limiter le risque de vacance locative. Le loyer peut être revu à la hausse si le logement dispose d’annexes (garage, cave), d’un extérieur ou de prestations particulières.
5/ Préparer l’annonce de location
L’annonce d’un bien en location est la première vitrine du logement disponible sur le marché locatif. Une annonce incomplète ou de mauvaise qualité peut ralentir sa mise en location et attirer des profils de candidats à la location inadaptés. Voici les éléments indispensables pour construire une annonce efficace et conforme à la réglementation.
Les informations obligatoires :
- Superficie du logement (surface habitable loi Boutin pour les locations vides)
- Nombre de pièces
- Montant du loyer charges comprises ou hors charges (avec détail des charges)
- Montant du dépôt de garantie
- Étiquette DPE (classe énergie et classe émissions GES)
- Les honoraires à la charge du locataire
- La commune (ou l’arrondissement)
- Le complément de loyer s’il y en a un
- L’estimation des dépenses d’énergie
- La mention Géorisques
- Mention de l’encadrement des loyers si applicable
Les informations fortement recommandées :
- Type de bail (vide ou meublé), durée et date de disponibilité
- Annexes : garage, parking, cave, terrasse, jardin
- Type de chauffage et équipements inclus
- Proximité des transports, commerces, écoles
- Modalités de candidature (pièces demandées)
Pour le visuel :
- Minimum 5 à 10 photos de qualité (prises en lumière naturelle)
- Couvrir toutes les pièces principales, ainsi que les annexes
- Éviter les photos trop sombres, en désordre ou prises en contre-plongée
Pour la diffusion :
- Publier sur les plateformes à fort trafic : Leboncoin, SeLoger, Bienici, PAP
- Vérifier la conformité de l’annonce avant publication (mentions légales)
- À lire sur ce sujet : les risques si vous louez un logement à votre enfant
6/ Faire visiter le bien
Lorsque le bien n’est pas en gestion locative, c’est également au propriétaire bailleur de se charger des visites. Cette étape est importante et déterminante sur le choix du locataire. Il faudra penser à réclamer aux candidats qui souhaitent se positionner sur le bien un dossier de locataire, muni d’un maximum d’éléments permettant au bailleur de faire son choix. Fiches de paie, contrat de travail, justificatif de domicile, garant, mieux le dossier du locataire est complété, plus il permettra aux propriétaires d’évaluer sa solvabilité et le sérieux de sa candidature. Les visites avec plusieurs candidats peuvent être effectuées le même jour pour trouver rapidement un locataire.
7/ Sélectionner le locataire
Après les visites, c’est l’heure d’éplucher les dossiers et de choisir le candidat qui occupera la location. C’est une décision très importante, déterminante pour la rentabilité du bien. Le propriétaire doit s’assurer d’un maximum de garanties pour éviter de se retrouver avec des loyers impayés ou un logement saccagé. Il doit notamment vérifier la véracité des fiches de paie du locataire et de son avis d’imposition.
- Retrouvez notre simulateur de solvabilité d’un locataire
8/ Prendre les précautions en cas de loyers impayés
Malgré une sélection méticuleuse et un choix réfléchi concernant le profil du locataire, aucun propriétaire n’est à l’abri d’impayés. Or, dans un projet d’investissement locatif, les revenus réguliers sont indispensables à la réussite du projet. C’est pourquoi, bien que non obligatoire, la souscription d’une garantie loyers impayés (GLI) est primordiale pour se couvrir en cas de mauvais payeur. La GLI permet également de percevoir le remboursement de dommage en cas de détérioration du bien par le locataire, ainsi qu’une couverture financière pour couvrir des frais de justice engagés après un litige judiciaire.
- En savoir plus sur les fraudes au dossier de location
9/ Rédiger le contrat de location
Il existe des modèles de contrat de location pour faciliter la tâche aux propriétaires bailleurs et leur permettre de ne rien oublier. En effet, le bail qui est généralement signé par les deux parties lors de l’état d’entrée des lieux du locataire. Il doit impérativement comporter les éléments suivants :
- Identité des deux parties (noms, prénoms) ;
- La date de début du bail ;
- L’adresse du logement loué ;
- La typologie du logement et sa description et s’il s’agit d’un logement meublé ou vide ;
- Le montant du loyer et les charges ;
- Le mode de paiement ;
- Le montant du dépôt de garantie ;
- Le DPE annexé au bail ;
- Le détail du mobilier lorsqu’il s’agit d’un contrat de location meublé.
| Bail vide (location nue) | Bail meublé | Bail mobilité | Bail colocation | |
|---|---|---|---|---|
| Texte de référence | Loi du 6 juillet 1989 | Loi du 6 juillet 1989 (art. 25-4) | Loi Élan 2018 | Loi du 6 juillet 1989 |
| Durée | 3 ans (bailleur particulier) / 6 ans (bailleur personne morale) | 1 an | 1 à 10 mois (non renouvelable) | Identique à bail vide ou meublé selon le type |
| Préavis bailleur | 6 mois (vente, reprise, motif légitime) | 3 mois (vente, reprise, motif légitime) | Aucun (durée fixe) | Selon le type de bail |
| Préavis locataire | 3 mois (1 mois en zone tendue ou motif particulier) | 1 mois | 1 mois | Selon le type de bail (vide ou meublé, zone tendue ou non) |
| Dépôt de garantie | 1 mois de loyer HC max. | 2 mois de loyer HC max. | Aucun | 1 ou 2 mois selon le type |
| Logement exigé | Vide – aucun mobilier obligatoire | Équipé d’un mobilier suffisant (liste légale) | Meublé (même liste) | Vide ou meublé |
| Cible principale | Familles, locataires stables | Étudiants, jeunes actifs | Étudiants, formation, mission pro | Étudiants, colocataires |
| Fiscalité bailleur | Revenus fonciers (micro-foncier ou régime réel) | BIC – LMNP ou LMP | BIC – LMNP | Selon le type de bail |
| Tacite reconduction | Oui, automatique | Oui, automatique | Non | Oui selon le type |
10/ Réaliser l’état des lieux avec le locataire
Cette ultime étape, consiste à faire le tour du logement avec le locataire afin de constater et noter dans un document annexé au bail l’état du bien. Toutes les pièces doivent être scrupuleusement vérifiées ainsi que l’état de fonctionnement des équipements (volets, interrupteurs, robinetterie, porte d’entrée, etc…). Les défauts doivent être inscrits dans le bail de location lorsqu’ils ne sont pas nuisibles pour le quotidien et n’entachent pas la décence du bien. Lors du départ du locataire, au moment de l’état de lieux de sortie, ce même document permettra de vérifier si le bien est rendu dans le même état qu’à l’entrée du locataire ou si des travaux de remise en état doivent être effectués. Dans ce cas, le propriétaire dispose d’1 mois pour restituer le dépôt e garantie si l’état des lieux de sortie est conforme et de 2 mois s’il y a des différences. À l’inverse, le locataire a 10 jours après l’état des lieux pour demander à le compléter. Pour le chauffage, le délai court jusqu’à la fin du 1er mois de la période de chauffe. S’il constate qu’un défaut n’a pas été relevé lors de l’état des lieux, il doit alors informer son propriétaire bailleur pour l’ajouter au bail dans ce délai.
11/ Faire appel à une agence spécialisée en gestion locative
Les étapes de mise en location d’un appartement ou d’une maison sont nombreuses et peuvent paraître fastidieuses aux yeux d’un grand nombre de propriétaires. C’est pourquoi il existe une alternative de plus en plus plébiscitée, la gestion locative. En confiant la gestion de leur bien à une agence de confiance comme SGL, les propriétaires se libèrent de l’ensemble des étapes listées ci-dessus, qui demandent du temps et des compétences particulières en droit immobilier.
Un conseiller SGL
vous accompagne à
chaque étape de la location
Quels sont les justificatifs à demander au locataire ?
Pour évaluer la solvabilité d’un locataire, le propriétaire bailleur demande à chaque candidat de constituer un dossier avec les pièces suivantes :
- Une photocopie de la carte d’identité
- Un justificatif de domicile ou une attestation d’hébergement sur l’honneur
- Un contrat de travail
- Les 3 derniers bulletins de salaires
Je suis locataire, comment avoir un justificatif de domicile ?
Il existe plusieurs façons d’obtenir un justificatif de domicile quand on est locataire. Une quittance de loyer peut être demandée à son bailleur, une facture d’eau, de gaz ou d’électricité de moins de trois mois ou encore l’attestation d’assurance de moins de 3 mois également seront valables comme justificatifs de domicile.
Je suis locataire, comment ouvrir mon compteur EDF ?
Pour commencer, il faut choisir un fournisseur d’énergie parmi de nombreux concurrents présents sur le marché, comme EDF, Engie, Eni, TotalEnergies ou encore Happ-E. Il est conseillé de prendre contact par téléphone 15 jours avant l’entrée dans le logement. Il faudra se munir de quelques informations qui seront réclamées lors de la souscription, comme le numéro de point de livraison (PDL), l’adresse, le nom de l’ancien occupant, le relevé électrique puis le numéro d’IBAN pour procéder au prélèvement.
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