Comment changer de syndic de copropriété : étapes, vote et mise en concurrence - SGL
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Temps de lecture : 9 min

Comment changer de syndic de copropriété ?

En résumé

  • Il existe deux façons de changer de syndic : le non-renouvellement en fin de mandat (sans motif à justifier) ou la révocation en cours de mandat (motif légitime obligatoire).
  • Tout changement de syndic se vote en assemblée générale, à la majorité absolue de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965.
  • La mise en concurrence de plusieurs syndics est obligatoire avant le vote : le conseil syndical doit transmettre plusieurs projets de contrat concurrent, accompagné d’une fiche d’information standardisée.
  • Une fois élu, le nouveau syndic prend ses fonctions à la date fixée par l’AG et son contrat. L’article 18-2 prévoit transfert de la trésorerie et des références bancaires sous 15 jours, les archives sous 1 mois, puis l’état des comptes 2 mois après ce premier mois.

Vous n’êtes pas satisfait du syndic mandaté pour votre copropriété ? Vous pouvez changer de syndic. Il y a deux possibilités pour se séparer de son syndic : la révocation et le non-renouvellement. Découvrons le processus à suivre dans chacun des cas.

Quand peut-on changer de syndic de copropriété ?

Tableau récapitulatif : non-renouvellement vs révocation

Non-renouvellement (fin de mandat)Révocation (cours de mandat)
Quand ?À l’expiration du contrat (max. 3 ans)À tout moment, si motif légitime
Motif requis ?Non : aucune justification exigéeOui : faute grave ou manquements répétés
ProcédureMise en concurrence + inscription à l’ordre du jour + vote en AGIdem + preuves des fautes à apporter
Vote requisMajorité absolue (art. 25)Majorité absolue (art. 25)
IndemnitésAucuneAucune si motif légitime ; risque de D&I si révocation abusive
PréavisAucun (le mandat cesse à son échéance)Un jour franc après l’AG
Passation documentsDepuis la cessation de fonctions de l’ancien syndic. Le dernier délai est de 2 mois après le premier mois, soit 3 mois au total.Idem
Cas d’usageInsatisfaction générale, honoraires élevés, manque de réactivitéNon-exécution de décisions d’AG, faute de gestion, impayés non recouvrés

Généralement, le mandat d’un syndic de copropriété dure entre un et trois ans. Cette échéance est souvent le moment opportun pour faire appel à un nouveau gestionnaire, mais pas que ! Selon la situation, il est également possible de rompre le contrat de votre syndic à tout moment à condition, en revanche, de disposer d’un motif légitime. Quelles que soient vos raisons pour changer de gestionnaire, il est crucial de suivre minutieusement certaines étapes afin d’éviter que la copropriété ne se retrouve sans syndic.

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Changer de syndic en fin de mandat

Le mandat confié à un syndic ne peut jamais être reconduit tacitement. Lorsque celui-ci arrive à expiration, il revient à l’Assemblée Générale (AG) de décider s’il doit être reconduit ou non. Ce changement est à anticiper, car les démarches requises peuvent nécessiter du temps. Sélectionner plusieurs syndics, étudier leurs contrats, créer les fiches d’informations, toutes ces étapes sont obligatoires et participent au bon déroulement du changement de syndic.

Changer de syndic en cours de mandat

Si vous ne préférez pas attendre la fin du mandat de gestion, vous pouvez demander la révocation de votre syndic. Néanmoins, ce recours nécessite un motif légitime. Depuis le 1er juin 2020 (ordonnance de 2019), il est question de résiliation pour « inexécution suffisamment grave ». Ces fautes peuvent être le non-recouvrement d’impayés, des fautes relatives à la gestion courante de l’immeuble, l’absence de mise en place de décisions préalables, etc.

Dans ce cas, il est nécessaire pour le conseil syndical de suivre la procédure suivante :

  • Demander au syndic d’ajouter à l’ordre du jour de l’assemblée générale annuelle la révocation ;
  • Prouver qu’il y a eu faute grave ou fautes répétées : le motif doit être légitime et le conseil syndical doit en apporter les preuves ;
  • Prévoir la mise en concurrence et l’ajout à l’ordre du jour des projets des nouveaux syndics ;
  • Procéder au vote à la majorité absolue de la révocation puis à l’élection du nouveau syndic.

Comment choisir le nouveau syndic ?

Choisir un nouveau syndic est une étape importante. La qualité du gestionnaire conditionne directement l’entretien de l’immeuble, la santé financière de la copropriété et la qualité de vie des occupants. Voici les éléments à prendre en compte avant de se décider sur le gestionnaire idéal.

Les critères de comparaison

Avant de solliciter des devis, le conseil syndical doit dresser un cahier des charges précis. Il se compose du nombre de lots, du budget annuel de la copropriété, des équipements spécifiques (ascenseur, chauffage collectif, espaces verts), des travaux en cours ou prévus, et des problématiques récurrentes à résoudre.

Les critères à comparer entre les candidats sont les suivants :

CritèreCe qu’il faut vérifier
Honoraires forfaitairesMontant annuel par lot, prestations incluses dans le forfait (convocations, tenue d’AG, comptabilité, visites…)
Honoraires hors forfaitFrais facturés en supplément (état daté, travaux, mutations, relances…) – souvent là que se creusent les écarts
Honoraires sur travauxGénéralement entre 3 % et 8 % HT du montant des travaux ; à comparer attentivement
Expérience et qualificationsCarte professionnelle avec mention « Syndic de copropriété » en cours de validité, ancienneté, taille du portefeuille géré
Réactivité et disponibilitéInterlocuteur dédié, délais de réponse, présence sur site
Outils numériquesEspace copropriétaire en ligne, accès aux documents, communication dématérialisée
Références et avisTémoignages d’autres copropriétés gérées, avis Google ou plateformes spécialisées
Assurance RCPResponsabilité civile professionnelle en cours de validité

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Quelles sont les étapes à suivre pour changer de syndic ?

ÉtapeActionActeurDélai indicatif
1Inscription à l’ordre du jour de l’AGConseil syndical ou tout copropriétaire → demande par LRAR au syndicAvant l’envoi des convocations
2Rassemblement des preuves (si révocation)Conseil syndicalEn amont de l’AG
3Mise en concurrence des syndics candidatsConseil syndical (ou tout copropriétaire)Projets à joindre à la convocation
4Vote en assemblée généraleEnsemble des copropriétairesLors de l’AG (majorité art. 25)
(Post-vote)Passation des documentsSyndic sortant → nouveau syndicDepuis la cessation de fonctions de l’ancien syndic. Le dernier délai est de 2 mois après le premier mois, soit 3 mois au total

Changer de syndic demande l’implication des conseillers syndicaux et, dans le cas où il n’y en a pas, des copropriétaires eux-mêmes. Voici les 4 étapes de cette procédure.

1/ L’inscription à l’ordre du jour

La gestion par un syndic est une obligation légale pour une copropriété. La volonté de ne pas renouveler le syndic actuellement en place est possible mais doit être prévue. Il est effectivement nécessaire d’en informer l’intégralité des copropriétaires en l’intégrant à l’ordre du jour.

La décision de ne pas renouveler doit être prise bien en avance : l’ordre du jour est généralement transmis lors de la convocation pour l’assemblée générale, soit 21 jours avant cette dernière.

2/ Prouver qu’il y a eu faute grave ou répétée

Si vous décidez de révoquer le mandat du gestionnaire de votre copropriété, cette étape est cruciale. Ainsi, il est nécessaire de disposer de raisons valables et des faits spécifiques graves ou répétés, accompagnés de preuves pouvant les étayer devant l’assemblée générale des copropriétaires.

Ces faits peuvent inclure :

  • Le non-respect des décisions prises,
  • L’incapacité à recouvrer les impayés,
  • Des erreurs de gestion,
  • Ou encore le non-établissement d’une fiche d’information synthétique de la copropriété.

Ainsi, sur ces faits et par la majorité des voix, le syndic peut être révoqué.

3/ La mise en concurrence

Chaque copropriétaire peut proposer un ou plusieurs syndics. Les projets proposés par ces syndics doivent être joints à l’ordre du jour.

Il est obligatoire qu’une mise en concurrence des syndics soit effectuée avant l’assemblée générale. Celle-ci doit être organisée par le conseil syndical et chaque copropriétaire peut aussi soumettre des projets. Les copropriétaires doivent ainsi contacter plusieurs syndics de copropriété et les sélectionner pour proposition à l’assemblée générale.

4/ Le vote à l’assemblée générale

Le jour de l’assemblée générale, il n’est pas nécessaire de voter pour la fin du mandat du syndic en place. L’élection d’un nouveau syndic se substitue au vote de non-renouvellement. Une fois le nouveau syndic élu à la majorité absolue, la passation doit avoir lieu.

À SAVOIR

Si un premier vote ne permet pas l’élection d’un nouveau syndic, un second vote à majorité simple a lieu (seuls les copropriétaires présents et représentés comptent) si le projet a obtenu au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires (article 25-1).

Si le syndic ne donne pas suite à une demande de convocation d’assemblée générale formulée par le conseil syndical ou par des copropriétaires représentant au moins un quart des voix, le président du conseil syndical lui adresse une mise en demeure. Sans réponse dans un délai de 8 jours, il peut convoquer lui-même l’assemblée générale.

Infographie présentant les étapes pour changer de syndic

Que faire si l’ancien syndic bloque la procédure ?

Il peut arriver que le syndic sortant complique ou retarde volontairement la transmission des documents et des informations au nouveau gestionnaire. Ce comportement est contraire à la loi, et plusieurs recours permettent d’y remédier.

Les délais légaux de passation (art. 18-2 de la loi du 10 juillet 1965)

À compter de la cessation de ses fonctions, le syndic sortant est soumis à des délais légaux stricts :

DélaiDocuments à transmettre
15 joursSituation de trésorerie, références des comptes bancaires du syndicat, coordonnées de la banque
1 moisIntégralité des archives et documents de la copropriété (contrats, PV d’AG, documents techniques, dossiers dématérialisés)
3 mois (2 mois après le délai d’1 mois)État des comptes des copropriétaires et du syndicat, après apurement et clôture

Les recours en cas de blocage

Si le syndic sortant refuse de transmettre les documents dans les délais impartis, le nouveau syndic ou le syndicat des copropriétaires dispose de plusieurs recours :

  1. Mise en demeure par LRAR : rappeler au syndic sortant ses obligations légales et les délais applicables. C’est la première étape indispensable à faire.
  2. Référé judiciaire : si la mise en demeure reste sans effet, le nouveau syndic ou le président du conseil syndical peut saisir le président du tribunal judiciaire en référé. Le juge peut ordonner, sous astreinte, la remise des documents, ainsi que le versement d’intérêts et d’une provision sur dommages et intérêts.
  3. Action en responsabilité civile : si le retard cause un préjudice démontrable à la copropriété (impayés non relancés, contrats expirés non renouvelés…), une action en dommages-intérêts peut être engagée.

Si le syndic refuse de convoquer l’AG

Lorsque le conseil syndical, ou des copropriétaires représentant au moins un quart des voix, demandent la convocation d’une assemblée générale pour voter la résiliation du contrat et que le syndic n’y donne pas suite, la procédure est la suivante :

  • Le président du conseil syndical adresse une mise en demeure au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Sans réponse dans un délai de 8 jours, le président du conseil syndical peut convoquer lui-même l’assemblée générale.

Quels sont les délais pour changer de syndic ?

Les délais pour changer de syndic peuvent varier d’une copropriété à une autre. Voici quelques éléments à prendre en compte :

  • La révocation ou le non-renouvellement du mandat : si celui-ci est révoqué, le délai peut être plus important. Comme vu précédemment, cette procédure nécessite de prouver le motif légitime de cette décision ;
  • La date de fin du contrat : en cas de résiliation, la fin du contrat prend effet à la date fixée par l’assemblée générale, au plus tôt un jour franc après sa tenue. En fin de mandat, le contrat prend fin à son échéance, sans préavis à respecter pour la copropriété.
  • La convocation à l’assemblée générale : celle-ci doit être effectuée conformément aux règles établies par la législation ou le règlement de copropriété. Les délais de convocation varient, mais sont souvent fixés à 21 jours maximum avant la date de l’assemblée générale.

Une fois ses fonctions terminées, l’ancien syndic dispose de 15 jours pour transmettre la trésorerie et les références bancaires, d’1 mois pour remettre l’ensemble des archives et de 3 mois au total pour fournir l’état des comptes.

La loi ALUR sur le changement de syndic de copropriété

La loi ALUR a introduit plusieurs mesures visant à réguler et améliorer la gestion des copropriétés, incluant des règles concernant le changement de syndic. C’est, entre autres, grâce à elle que la révision de la durée et de la résiliation des contrats syndic est possible. En effet, elle a limité la durée initiale des mandats à trois ans, sans possibilité de reconduction tacite. Cela signifie que le contrat de syndic est désormais conclu pour une durée limitée, permettant ainsi aux copropriétaires de revoir et de décider régulièrement du maintien ou du changement du syndic lors des assemblées générales. De plus, la loi a facilité la résiliation anticipée du contrat de syndic en cas de motif légitime, en précisant les conditions et les délais de préavis à respecter.

À noter

Depuis le 1er juin 2020, la mise en concurrence a lieu à chaque désignation d’un syndic professionnel, avec une dispense possible votée par l’AG précédente.

Tout savoir sur le syndic de copropriété

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Maxime KEROYANT

Rédacteur web

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