Temps de lecture : 9 min
Comment changer de syndic de copropriété ?
Rédigé par Maxime KEROYANT le 01 mars 2021
Modifié par Maeva FLORICOURT le 07 octobre 2026
Relu et validé par Éric FELIS
En résumé
- Il existe deux façons de changer de syndic : le non-renouvellement en fin de mandat (sans motif à justifier) ou la révocation en cours de mandat (motif légitime obligatoire).
- Tout changement de syndic se vote en assemblée générale, à la majorité absolue de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965.
- La mise en concurrence de plusieurs syndics est obligatoire avant le vote : le conseil syndical doit transmettre plusieurs projets de contrat concurrent, accompagné d’une fiche d’information standardisée.
- Une fois élu, le nouveau syndic prend ses fonctions à la date fixée par l’AG et son contrat. L’article 18-2 prévoit transfert de la trésorerie et des références bancaires sous 15 jours, les archives sous 1 mois, puis l’état des comptes 2 mois après ce premier mois.
Vous n’êtes pas satisfait du syndic mandaté pour votre copropriété ? Vous pouvez changer de syndic. Il y a deux possibilités pour se séparer de son syndic : la révocation et le non-renouvellement. Découvrons le processus à suivre dans chacun des cas.
Quand peut-on changer de syndic de copropriété ?
Tableau récapitulatif : non-renouvellement vs révocation
| Non-renouvellement (fin de mandat) | Révocation (cours de mandat) | |
|---|---|---|
| Quand ? | À l’expiration du contrat (max. 3 ans) | À tout moment, si motif légitime |
| Motif requis ? | Non : aucune justification exigée | Oui : faute grave ou manquements répétés |
| Procédure | Mise en concurrence + inscription à l’ordre du jour + vote en AG | Idem + preuves des fautes à apporter |
| Vote requis | Majorité absolue (art. 25) | Majorité absolue (art. 25) |
| Indemnités | Aucune | Aucune si motif légitime ; risque de D&I si révocation abusive |
| Préavis | Aucun (le mandat cesse à son échéance) | Un jour franc après l’AG |
| Passation documents | Depuis la cessation de fonctions de l’ancien syndic. Le dernier délai est de 2 mois après le premier mois, soit 3 mois au total. | Idem |
| Cas d’usage | Insatisfaction générale, honoraires élevés, manque de réactivité | Non-exécution de décisions d’AG, faute de gestion, impayés non recouvrés |
Généralement, le mandat d’un syndic de copropriété dure entre un et trois ans. Cette échéance est souvent le moment opportun pour faire appel à un nouveau gestionnaire, mais pas que ! Selon la situation, il est également possible de rompre le contrat de votre syndic à tout moment à condition, en revanche, de disposer d’un motif légitime. Quelles que soient vos raisons pour changer de gestionnaire, il est crucial de suivre minutieusement certaines étapes afin d’éviter que la copropriété ne se retrouve sans syndic.
- En savoir plus sur la durée du mandat de syndic
- En savoir plus sur la copropriété sans syndic.
À la recherche d’un
nouveau syndic
de copropriété ?
Découvrez notre offre !
Changer de syndic en fin de mandat
Le mandat confié à un syndic ne peut jamais être reconduit tacitement. Lorsque celui-ci arrive à expiration, il revient à l’Assemblée Générale (AG) de décider s’il doit être reconduit ou non. Ce changement est à anticiper, car les démarches requises peuvent nécessiter du temps. Sélectionner plusieurs syndics, étudier leurs contrats, créer les fiches d’informations, toutes ces étapes sont obligatoires et participent au bon déroulement du changement de syndic.
Changer de syndic en cours de mandat
Si vous ne préférez pas attendre la fin du mandat de gestion, vous pouvez demander la révocation de votre syndic. Néanmoins, ce recours nécessite un motif légitime. Depuis le 1er juin 2020 (ordonnance de 2019), il est question de résiliation pour « inexécution suffisamment grave ». Ces fautes peuvent être le non-recouvrement d’impayés, des fautes relatives à la gestion courante de l’immeuble, l’absence de mise en place de décisions préalables, etc.
Dans ce cas, il est nécessaire pour le conseil syndical de suivre la procédure suivante :
- Demander au syndic d’ajouter à l’ordre du jour de l’assemblée générale annuelle la révocation ;
- Prouver qu’il y a eu faute grave ou fautes répétées : le motif doit être légitime et le conseil syndical doit en apporter les preuves ;
- Prévoir la mise en concurrence et l’ajout à l’ordre du jour des projets des nouveaux syndics ;
- Procéder au vote à la majorité absolue de la révocation puis à l’élection du nouveau syndic.
Comment choisir le nouveau syndic ?
Choisir un nouveau syndic est une étape importante. La qualité du gestionnaire conditionne directement l’entretien de l’immeuble, la santé financière de la copropriété et la qualité de vie des occupants. Voici les éléments à prendre en compte avant de se décider sur le gestionnaire idéal.
Les critères de comparaison
Avant de solliciter des devis, le conseil syndical doit dresser un cahier des charges précis. Il se compose du nombre de lots, du budget annuel de la copropriété, des équipements spécifiques (ascenseur, chauffage collectif, espaces verts), des travaux en cours ou prévus, et des problématiques récurrentes à résoudre.
Les critères à comparer entre les candidats sont les suivants :
| Critère | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|
| Honoraires forfaitaires | Montant annuel par lot, prestations incluses dans le forfait (convocations, tenue d’AG, comptabilité, visites…) |
| Honoraires hors forfait | Frais facturés en supplément (état daté, travaux, mutations, relances…) – souvent là que se creusent les écarts |
| Honoraires sur travaux | Généralement entre 3 % et 8 % HT du montant des travaux ; à comparer attentivement |
| Expérience et qualifications | Carte professionnelle avec mention « Syndic de copropriété » en cours de validité, ancienneté, taille du portefeuille géré |
| Réactivité et disponibilité | Interlocuteur dédié, délais de réponse, présence sur site |
| Outils numériques | Espace copropriétaire en ligne, accès aux documents, communication dématérialisée |
| Références et avis | Témoignages d’autres copropriétés gérées, avis Google ou plateformes spécialisées |
| Assurance RCP | Responsabilité civile professionnelle en cours de validité |
Pourquoi confier votre copropriété à SGL ?
SGL accompagne les copropriétés à Toulouse et à Paris depuis plus de 16 ans, avec une approche fondée sur la proximité, la transparence des honoraires et la réactivité des équipes. Nous bénéficions d’une expertise locale et d’outils digitaux permettant à chaque copropriétaire de suivre la gestion de son immeuble facilement, en temps réel.
Vous cherchez un nouveau syndic ?
Faites le choix d’un syndic rigoureux et transparent.
Quelles sont les étapes à suivre pour changer de syndic ?
| Étape | Action | Acteur | Délai indicatif |
|---|---|---|---|
| 1 | Inscription à l’ordre du jour de l’AG | Conseil syndical ou tout copropriétaire → demande par LRAR au syndic | Avant l’envoi des convocations |
| 2 | Rassemblement des preuves (si révocation) | Conseil syndical | En amont de l’AG |
| 3 | Mise en concurrence des syndics candidats | Conseil syndical (ou tout copropriétaire) | Projets à joindre à la convocation |
| 4 | Vote en assemblée générale | Ensemble des copropriétaires | Lors de l’AG (majorité art. 25) |
| (Post-vote) | Passation des documents | Syndic sortant → nouveau syndic | Depuis la cessation de fonctions de l’ancien syndic. Le dernier délai est de 2 mois après le premier mois, soit 3 mois au total |
Changer de syndic demande l’implication des conseillers syndicaux et, dans le cas où il n’y en a pas, des copropriétaires eux-mêmes. Voici les 4 étapes de cette procédure.
1/ L’inscription à l’ordre du jour
La gestion par un syndic est une obligation légale pour une copropriété. La volonté de ne pas renouveler le syndic actuellement en place est possible mais doit être prévue. Il est effectivement nécessaire d’en informer l’intégralité des copropriétaires en l’intégrant à l’ordre du jour.
La décision de ne pas renouveler doit être prise bien en avance : l’ordre du jour est généralement transmis lors de la convocation pour l’assemblée générale, soit 21 jours avant cette dernière.
- Tout savoir sur l’assemblée générale.
2/ Prouver qu’il y a eu faute grave ou répétée
Si vous décidez de révoquer le mandat du gestionnaire de votre copropriété, cette étape est cruciale. Ainsi, il est nécessaire de disposer de raisons valables et des faits spécifiques graves ou répétés, accompagnés de preuves pouvant les étayer devant l’assemblée générale des copropriétaires.
Ces faits peuvent inclure :
- Le non-respect des décisions prises,
- L’incapacité à recouvrer les impayés,
- Des erreurs de gestion,
- Ou encore le non-établissement d’une fiche d’information synthétique de la copropriété.
Ainsi, sur ces faits et par la majorité des voix, le syndic peut être révoqué.
3/ La mise en concurrence
Chaque copropriétaire peut proposer un ou plusieurs syndics. Les projets proposés par ces syndics doivent être joints à l’ordre du jour.
Il est obligatoire qu’une mise en concurrence des syndics soit effectuée avant l’assemblée générale. Celle-ci doit être organisée par le conseil syndical et chaque copropriétaire peut aussi soumettre des projets. Les copropriétaires doivent ainsi contacter plusieurs syndics de copropriété et les sélectionner pour proposition à l’assemblée générale.
- Tout savoir sur la mise en concurrence du syndic
4/ Le vote à l’assemblée générale
Le jour de l’assemblée générale, il n’est pas nécessaire de voter pour la fin du mandat du syndic en place. L’élection d’un nouveau syndic se substitue au vote de non-renouvellement. Une fois le nouveau syndic élu à la majorité absolue, la passation doit avoir lieu.
- En savoir plus sur les critères pour choisir un syndic de copropriété
À SAVOIR
Si un premier vote ne permet pas l’élection d’un nouveau syndic, un second vote à majorité simple a lieu (seuls les copropriétaires présents et représentés comptent) si le projet a obtenu au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires (article 25-1).
Si le syndic ne donne pas suite à une demande de convocation d’assemblée générale formulée par le conseil syndical ou par des copropriétaires représentant au moins un quart des voix, le président du conseil syndical lui adresse une mise en demeure. Sans réponse dans un délai de 8 jours, il peut convoquer lui-même l’assemblée générale.
- À lire également sur ce sujet : comment réaliser une scission de copropriété ?

Que faire si l’ancien syndic bloque la procédure ?
Il peut arriver que le syndic sortant complique ou retarde volontairement la transmission des documents et des informations au nouveau gestionnaire. Ce comportement est contraire à la loi, et plusieurs recours permettent d’y remédier.
Les délais légaux de passation (art. 18-2 de la loi du 10 juillet 1965)
À compter de la cessation de ses fonctions, le syndic sortant est soumis à des délais légaux stricts :
| Délai | Documents à transmettre |
|---|---|
| 15 jours | Situation de trésorerie, références des comptes bancaires du syndicat, coordonnées de la banque |
| 1 mois | Intégralité des archives et documents de la copropriété (contrats, PV d’AG, documents techniques, dossiers dématérialisés) |
| 3 mois (2 mois après le délai d’1 mois) | État des comptes des copropriétaires et du syndicat, après apurement et clôture |
Les recours en cas de blocage
Si le syndic sortant refuse de transmettre les documents dans les délais impartis, le nouveau syndic ou le syndicat des copropriétaires dispose de plusieurs recours :
- Mise en demeure par LRAR : rappeler au syndic sortant ses obligations légales et les délais applicables. C’est la première étape indispensable à faire.
- Référé judiciaire : si la mise en demeure reste sans effet, le nouveau syndic ou le président du conseil syndical peut saisir le président du tribunal judiciaire en référé. Le juge peut ordonner, sous astreinte, la remise des documents, ainsi que le versement d’intérêts et d’une provision sur dommages et intérêts.
- Action en responsabilité civile : si le retard cause un préjudice démontrable à la copropriété (impayés non relancés, contrats expirés non renouvelés…), une action en dommages-intérêts peut être engagée.
Si le syndic refuse de convoquer l’AG
Lorsque le conseil syndical, ou des copropriétaires représentant au moins un quart des voix, demandent la convocation d’une assemblée générale pour voter la résiliation du contrat et que le syndic n’y donne pas suite, la procédure est la suivante :
- Le président du conseil syndical adresse une mise en demeure au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception.
- Sans réponse dans un délai de 8 jours, le président du conseil syndical peut convoquer lui-même l’assemblée générale.
Quels sont les délais pour changer de syndic ?
Les délais pour changer de syndic peuvent varier d’une copropriété à une autre. Voici quelques éléments à prendre en compte :
- La révocation ou le non-renouvellement du mandat : si celui-ci est révoqué, le délai peut être plus important. Comme vu précédemment, cette procédure nécessite de prouver le motif légitime de cette décision ;
- La date de fin du contrat : en cas de résiliation, la fin du contrat prend effet à la date fixée par l’assemblée générale, au plus tôt un jour franc après sa tenue. En fin de mandat, le contrat prend fin à son échéance, sans préavis à respecter pour la copropriété.
- La convocation à l’assemblée générale : celle-ci doit être effectuée conformément aux règles établies par la législation ou le règlement de copropriété. Les délais de convocation varient, mais sont souvent fixés à 21 jours maximum avant la date de l’assemblée générale.
Une fois ses fonctions terminées, l’ancien syndic dispose de 15 jours pour transmettre la trésorerie et les références bancaires, d’1 mois pour remettre l’ensemble des archives et de 3 mois au total pour fournir l’état des comptes.
- À lire également : comment créer un syndicat secondaire de copropriété ?
La loi ALUR sur le changement de syndic de copropriété
La loi ALUR a introduit plusieurs mesures visant à réguler et améliorer la gestion des copropriétés, incluant des règles concernant le changement de syndic. C’est, entre autres, grâce à elle que la révision de la durée et de la résiliation des contrats syndic est possible. En effet, elle a limité la durée initiale des mandats à trois ans, sans possibilité de reconduction tacite. Cela signifie que le contrat de syndic est désormais conclu pour une durée limitée, permettant ainsi aux copropriétaires de revoir et de décider régulièrement du maintien ou du changement du syndic lors des assemblées générales. De plus, la loi a facilité la résiliation anticipée du contrat de syndic en cas de motif légitime, en précisant les conditions et les délais de préavis à respecter.
- Pour approfondir : quel est l’impact de la loi ALUR sur les copropriétés ?
À noter
Depuis le 1er juin 2020, la mise en concurrence a lieu à chaque désignation d’un syndic professionnel, avec une dispense possible votée par l’AG précédente.
Tout savoir sur le syndic de copropriété
- Le syndic en ligne
- Le syndic bénévole
- Les charges de copropriété
- Le conseil syndical
- Les travaux en copropriété
- Syndic de copropriété à Toulouse
- Syndic de copropriété à Paris
- Syndic de copropriété à Aix-en-Provence et Marseille
- Syndic de copropriété à Bordeaux
- Syndic de copropriété à Lille
- Syndic de copropriété à Lyon
- Les parties communes en copropriété
- Modèle de mandat pour se faire représenter lors d’une assemblée générale
- Téléchargez le livre blanc de la copropriété

