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Le marché immobilier à Paris transformé d’ici 2040
Rédigé par Elodie FUENTES le 27 mai 2026
À quoi pourrait ressembler le marché immobilier parisien dans 15 ans ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre la Chambre des notaires de Paris. Et cette étude projette l’horizon d’une capitale qui se vide, conséquence du développement du Grand Paris et de nouveaux modèles d’habitat qui s’imprègnent durablement. Découvrez les grandes tendances immobilières qui vont façonner le marché francilien de 2040.
En résumé
- Paris intra-muros est passée de 2,25 millions d’habitants en 2010 à 2,09 millions en 2025.
- Prix élevés, télétravail et Grand Paris Express alimentent l’exode vers la périphérie.
- Co-living, colocation intergénérationnelle et résidences services figurent parmi les modèles d’habitat de demain.
Les Parisiens désertent la capitale pour la périphérie
L’exode des Parisiens vers les villes limitrophes, mais aussi vers les métropoles comme Bordeaux, Rennes ou encore Marseille, n’est pas un phénomène récent. La capitale coûte cher et les événements conjoncturels de ces 10 dernières années (Covid, hausse du marché immobilier, montée des taux), sont venus renforcer le goulot d’étranglement des habitants. En 2010, Paris intra-muros comptait 2,25 millions d’habitants, contre 2,09 millions en 20251. Cette fuite progressive des résidents, la capitale peut l’expliquer par deux facteurs principaux :
- Des loyers trop élevés : entre 26€ et 46 €/m² en mai 2026,
- La chute du taux de natalité.
De leur côté, les communes du Grand Paris voient leur démographie monter en flèche. Romainville, dont la population a progressé de 30 % en six ans, en est l’exemple flagrant. La commune comptait 26 000 habitants en 2016, pour atteindre une démographie de 35 000 résidents en 2022. Selon une étude récente publiée par la Chambre des notaires de Paris, d’ici 2040, le Grand Paris avoisinera les 12,5 à 13 millions d’habitants, soit une progression annuelle de 0,3 à 0,4 %. L’étude revient aussi sur le phénomène de métropolisation en dehors de la périphérie parisienne vers des régions comme la Picardie par exemple.
Le déploiement d’infrastructures au service des Franciliens
Le Grand Paris Express est un des moteurs principaux de cette nouvelle redistribution démographique autour de la capitale. Selon la Société des grands projets2, le futur réseau colossal comptera 200 km de lignes de métro automatique et 68 nouvelles gares, dont 80 % en correspondance avec le réseau existant. Sont attendus pas moins de 3 millions de voyageurs journaliers qui emprunteront ce nouveau métro pour rejoindre les banlieues, sans traverser Paris. Les 4 nouvelles lignes de métro permettront de désengorger des territoires aujourd’hui mal desservis. Ce projet urbain et social agit directement sur les flux du marché immobilier parisien. Il valorise les communes aux alentours de Paris, qui deviennent des cibles pour les acheteurs immobiliers en quête de m² supplémentaires à des prix inférieurs à ceux pratiqués dans la capitale.
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Le gain de temps quotidien pour les usagers du Grand Paris Express
La montée du télétravail en ligne de mire
L’autre facteur qui influe sur l’évolution du marché immobilier francilien, c’est l’étendue du télétravail dans les années à venir. Selon les notaires de Paris, 40 à 50 % des Franciliens seront concernés par du télétravail régulier en 2040. Ce changement des usages des modes de travail encourage l’installation dans des villes plus éloignées, avec davantage de surface habitable. Par ailleurs, la transformation des bureaux d’entreprises en logements s’accélère en périphérie, la faute au taux de vacance locative à la hausse dans le secteur.
Enfin, la pression de la fiscalité foncière à Paris pèse lourd sur les ménages. Et les prix pourraient augmenter entre 50 % et 100 % dans les quartiers les plus aisés, renforçant l’écart d’accessibilité entre les très hauts revenus et les ménages plus modestes.
Des modes d’habitat en pleine adaptation
La conjoncture économique, sociale mais aussi environnementale, pousse les Français à modifier leur façon d’habiter et plus particulièrement dans les grandes métropoles où le prix du m² devient pour beaucoup inaccessible. Parmi les tendances appelées à se développer, les notaires citent le co-living, ce mode de colocation intergénérationnelle en vogue et l’essor des résidences de services. Ce type de logement spécifique offre une réponse au manque de m² pour les personnes vivant seules, ainsi qu’au vieillissement de la population.
Pour finir, les changements climatiques ont également leur part de responsabilité dans l’évolution des modes de vie des Parisiens. Face aux prévisions caniculaires en hausse exponentielle d’ici 2050 (60 jours de canicule par an), les recherches de logements entourés d’espaces verts et loin des zones urbaines ne cessent d’augmenter.
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