Devenir propriétaire
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Et si vous payiez bientôt votre pompe à chaleur en 36 mensualités ?
Rédigé par Maeva FLORICOURT le 15 juillet 2026
Entre 10 000 et 15 000 € pose comprise : c’est le budget d’une pompe à chaleur en 2026. La somme a de quoi refroidir, même si les aides publiques sont loin d’être négligeables. Encore faut-il pouvoir avancer les fonds et accepter qu’un reste à charge subsiste. Beaucoup de propriétaires y renoncent et font réparer leur vieille chaudière. C’est précisément ce verrou que le Gouvernement entend faire sauter. Le 7 juillet, l’ADEME a ouvert le dispositif « Offres intégrées pompes à chaleur », déjà rebaptisé leasing social des pompes à chaleur. Objectif affiché : 25 000 ménages équipés d’ici 2028, sans apport initial.
En résumé
- Le Gouvernement a lancé le 7 juillet l’appel à projets « offre intégrée PAC », l’une des vingt-deux mesures du plan d’électrification.
- Dès le 1er octobre 2026, un ménage pourra faire installer une pompe à chaleur air/eau sans avancer un euro.
- Le dispositif vise les ménages modestes vivant en maison individuelle, chauffée aujourd’hui au gaz naturel, au fioul ou au propane.
- Un opérateur unique prendra tout en charge : la pose, le financement du reste à charge, la maintenance et l’électricité.
- Pendant 36 mois minimum, la mensualité globale ne dépassera pas l’ancienne facture d’énergie. Ensuite, celle-ci sera divisée par deux.
Paiement sur 3 ans minimum : comment le leasing social va fonctionner ?
Si le terme « leasing » a été utilisé pour définir ce dispositif, celui-ci ne correspond pas tout à fait au projet du Gouvernement. Pour cause, contrairement au leasing classique, la pompe à chaleur ne sera jamais restituée : elle appartient au ménage dès le premier jour et le reste au terme du contrat. Aucun opérateur ne viendra la reprendre, ni proposer de la racheter.
Ce que l’exécutif met en place relève donc davantage de la facilité de paiement que de la location. Le reste à charge, une fois les aides publiques déduites, est étalé sur trois ans minimum, avec une possibilité d’extension jusqu’à cinq ans en option.
Ni location, ni crédit à la consommation classique
Pour répondre à l’appel à projets lancé par le Gouvernement, les opérateurs candidats doivent obligatoirement proposer un package complet et indissociable : conception du projet, fourniture et pose d’une PAC air/eau, financement de la totalité du reste à charge après déduction des aides, maintenance de l’équipement et en option une électricité à prix fixe pendant trois ans. Un seul interlocuteur, un seul contrat, une seule mensualité. Le financement peut prendre la forme d’un étalement de paiement sur 3 ans minimum (allant jusqu’à 5 ans sur option), d’un éco-prêt à taux zéro ou de tout autre mécanisme de lissage.
Un volet optionnel va plus loin encore : l’opérateur peut s’engager sur le SCOP réel de la machine, mesuré par une instrumentation native, avec compensation financière si la performance annoncée n’est pas au rendez-vous.
La règle d’or : une mensualité plafonnée à votre facture actuelle
C’est le cœur du dispositif et sa condition de validation. Chaque candidat doit démontrer que la mensualité globale (remboursement du reste à charge, électricité consommée par la PAC et maintenance comprises) reste inférieure ou égale à ce que le foyer dépensait pour son gaz ou son fioul. Un document de synthèse détaillant tous les coûts devra être remis au bénéficiaire, pour que la promesse soit vérifiable.
Trois ans durant, vous payez donc l’équivalent de votre ancien chauffage. Ensuite, l’équipement est amorti et la facture doit être divisée par deux selon les estimations du ministère : une PAC air/eau restitue trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d’électricité consommé. Seuls les modèles air/eau sont éligibles, y compris les versions réversibles qui rafraîchissent de quelques degrés l’été. Les PAC air/air restent exclues, mais le Gouvernement a annoncé un décret devant abaisser leur TVA à 5,5 %.
Qui peut en profiter et à partir de quand ?
L’ADEME cible les ménages modestes et très modestes, au sens des plafonds de l’Anah1, habitant une maison individuelle privée, chauffée au gaz naturel, au fioul ou au propane. À noter que les plafonds de l’Anah ont été relevés de 1,105 % au 1er janvier 2026. Côté calendrier, l’exécutif court après la saison de chauffe. Trois acteurs se sont déjà positionnés, IZI par EDF, Octopus Energy et Effy, et d’autres suivront lors des vagues ultérieures, l’appel à projets2 restant ouvert jusqu’au printemps 2027.
| Étapes | Dates |
|---|---|
| Ouverture du dispositif | 7 juillet 2026 |
| Première échéance d’instruction des candidatures | 1er septembre 2026 |
| Déclaration d’éligibilité des candidats | 15 septembre 2026 |
| Publication des premières offres commerciales | 1er octobre 2026 |
| Échéances d’instruction suivantes | 1er janvier et 1er mai 2027 |
| Clôture du dispositif | 1er mai 2027 |
| Dernière date de signature d’un contrat | 31 décembre 2028 |
À SAVOIR
À compter du 1er septembre 2026, seuls les modèles de PAC air/eau et eau/eau titulaires du nouvel agrément « qualité et résilience industrielle » ouvriront droit à la bonification Coup de pouce Chauffage. Les opérations engagées avant cette date échappent à la condition. À la même échéance, MaPrimeRénov’ bascule vers l’électrification : fin du financement des chaudières à gaz en rénovation d’ampleur, sortie des poêles à bois et à granulés du parcours monogeste. Et au 1er janvier 2027, la chaudière gaz sera interdite dans le neuf. La trajectoire ne laisse guère de doute : ramener la part des énergies fossiles dans la consommation finale d’énergie de 58 % aujourd’hui à 40 % en 2030, puis sous les 30 % en 2035.
Notre analyse : ce que la mensualisation change pour votre bien
L’ampleur du dispositif reste modeste au regard du parc français, mais sa portée est ailleurs. En construisant un montage financier dédié à la sortie du gaz, l’État envoie un signal clair : le mode de chauffage devient un critère de valeur, au même titre que l’isolation ou l’exposition. Un bien doté d’une pompe à chaleur air/eau réversible réunit d’ailleurs trois atouts appréciés des acquéreurs comme des locataires : des charges plus stables, une étiquette énergétique améliorée et un confort d’été qui compte chaque année davantage.
Trois arbitrages sont donc à considérer :
- Si votre chaudière tient encore un hiver, attendez le 1er octobre et comparez les offres lauréates, qui seront publiées sur le site du ministère.
- Si elle est à bout de souffle, mieux vaut engager l’opération avant le 1er septembre, date à partir de laquelle seuls les modèles agréés ouvriront droit au Coup de pouce Chauffage.
- Et dans tous les cas, faites vérifier l’isolation et la température de départ d’eau avant de signer : mal isolée, une maison contraint la pompe à chaleur à fonctionner à régime soutenu, pour un résultat en deçà des attentes. C’est ce diagnostic, bien plus que la marque de la machine, qui déterminera votre mensualité réelle.
Dernier réflexe à adopter : une offre sérieuse ne se signe jamais le jour d’une visite à domicile. À noter que l’ADEME conventionnera chaque candidat déclaré éligible et prévient que les informations transmises dans l’offre engagent leur déposant.
Nos sources
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