Canicule : votre logement locatif est-il prêt pour l'été ? - SGL

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Temps de lecture : 4 min

Votre logement est-il prêt à affronter la canicule ?

En France, le nombre de jours de vagues de chaleur a doublé en dix ans et la tendance ne fera que s’accentuer. Pour les propriétaires, et particulièrement les bailleurs, un constat s’impose : un logement qui surchauffe se loue moins bien, se négocie davantage et perd peu à peu de sa valeur. Pourtant, seul un logement sur dix est aujourd’hui suffisamment adapté aux fortes chaleurs. La bonne nouvelle ? Quelques travaux bien ciblés suffisent souvent à inverser la donne.

En résumé

  • Protéger les façades du soleil, isoler la toiture et ventiler la nuit permettent de rafraîchir un logement sans climatisation.
  • En dix ans, les jours de canicule ont doublé en France.
  • Un seul logement sur dix résiste vraiment aux fortes chaleurs.
  • Les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034.
  • Un appartement classé A se vend 16 % plus cher, une maison G perd 25 % de sa valeur.

Quels travaux de rafraîchissement font vraiment la différence ?

Tous les chantiers ne se valent pas et le réflexe « climatiseur » est rarement le bon point de départ. La logique des spécialistes est simple : on empêche d’abord la chaleur d’entrer, on aide ensuite le logement à l’évacuer et on ne climatise qu’en dernier recours. Voici les leviers à connaître du plus accessible au plus structurant.

Travaux de rafraîchissementBénéficesTypes de logements concernés
Protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil orientables, couleurs claires)Bloquent le soleil avant qu’il ne chauffe les vitres et les mursTous, en priorité les façades exposées
Isolation de la toiture et des comblesPremière barrière contre la surchauffe par le toitMaisons et derniers étages
Isolation thermique par l’extérieur (ITE)Renforce l’inertie : le logement se réchauffe et se refroidit plus lentementMaisons, copropriétés en ravalement
Végétalisation (balcon, façade, jardin)Crée de l’ombre et rafraîchit l’air ambiantTous, ville comme campagne
Ventilation nocturne et brasseurs d’airÉvacuent la chaleur accumulée, sans surconsommationTous
ClimatisationSolution active, efficace mais énergivoreEn dernier recours

L’ADEME place en tête les protections solaires extérieures et l’isolation1, qui renforce l’inertie et améliore le confort d’été sans climatisation. Côté toiture et façades, ces travaux ont un double mérite : ils protègent de la canicule l’été, limitent les déperditions l’hiver, et améliorent du même coup l’étiquette énergétique du bien.

À SAVOIR

Les protections extérieures sont bien plus efficaces que les stores intérieurs. En copropriété, à défaut de volets, des stores intérieurs de couleur claire limitent malgré tout la surchauffe.

La climatisation, à manier avec prudence

Efficace mais énergivore, la climatisation se justifie surtout sur un bâti déjà bien protégé. L’ADEME conseille de ne jamais descendre sous 26 °C : passer la consigne de 23 à 26 °C divise la consommation par 2,5 à Montpellier et jusqu’à 4,2 à Paris2. Un quart des ménages étaient déjà équipés d’une solution active de rafraîchissement en 2020, contre 14 %3 quatre ans plus tôt et le nombre de logements climatisés pourrait tripler d’ici 20504. Mieux vaut donc un logement « frais » par conception qu’un climatiseur greffé sur une passoire. 

Pourquoi le confort d’été est devenu un vrai critère immobilier ?

La chaleur n’est plus l’exception : elle s’installe, plus tôt et plus longtemps. Locataires et acheteurs l’intègrent désormais à leur choix, au même titre que la luminosité ou l’agencement. En France, le nombre de jours de vagues de chaleur a doublé entre 2006-2015 et 2016-2025, passant de 71 à 1445. Avec 27 jours en 2025, c’est la deuxième année la plus chargée depuis 19476, derrière 2022. L’été dernier a enchaîné deux épisodes, du 19 juin au 4 juillet puis du 8 au 18 août, et Toulouse a connu 9 jours au-dessus de 35 °C, contre 5 en 20227. La trajectoire est connue : selon le scénario de référence des autorités, le nombre de jours de canicule pourrait être multiplié par cinq d’ici 20508.

À SAVOIR

Depuis 2021, le DPE affiche un indicateur de confort d’été (smiley vert, orange ou rouge), fondé sur l’isolation de la toiture, les protections solaires, l’inertie, le caractère traversant et les brasseurs d’air.

Un parc largement inadapté

Le constat est sévère, mais il ouvre une opportunité aux propriétaires capables de proposer mieux. Selon l’étude de Pouget Consultants pour le syndicat IGNES9, un seul logement sur dix résiste vraiment aux fortes chaleurs : 90 % du parc affiche un confort d’été moyen ou insuffisant. Sur un marché où l’offre confortable reste rare, un bien bien protégé se distingue immédiatement.

À SAVOIR

Un logement récent et économe en énergie n’est pas forcément confortable l’été. La même étude révèle que 31 % des logements classés A affichent un confort d’été « insuffisant » : grandes baies vitrées, faible inertie et protections solaires limitées favorisent la surchauffe. L’ADEME évoque même un « effet bouteille thermos » lorsqu’une bonne isolation n’est pas couplée à une aération nocturne pour évacuer la chaleur accumulée dans la journée.

Bailleurs : le confort d’été, nouvel argument et nouvelle exigence

C’est le point le plus stratégique pour qui loue. Les travaux qui rafraîchissent, isolation de la toiture, ITE, façades sont précisément ceux qui font progresser le DPE : anticiper la canicule et anticiper la réglementation reviennent souvent à financer le même chantier.

Le calendrier est contraignant. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être loués. L’interdiction s’étendra aux F en 2028, puis aux E en 203410. À elles seules, les classes F et G représentent 12,7 % des résidences principales, selon le SDES11.

Étiquette DPEInterdiction à la locationPart du parc
Classe GDepuis le 1er janvier 20254,8 %
Classe FÀ partir du 1er janvier 20287,9 %
Classe EÀ partir du 1er janvier 203417,8 %

Avec 17,8 % du parc, la classe E est de loin la plus représentée des trois étiquettes concernées. Son interdiction de location, en 2034, touchera donc bien plus de logements que celles des classes F (2028) et G, déjà effective, d’où l’intérêt d’anticiper dès maintenant. 

L’équation est limpide : un logement qui surchauffe l’été est souvent mal isolé, donc potentiellement énergivore l’hiver et menacé à terme d’interdiction. À l’inverse, un bien rénové échappe au calendrier, se loue plus vite, limite la vacance et conforte le loyer.

À SAVOIR

Le DPE est obligatoire pour louer, et le locataire peut exiger un diagnostic valide, notamment au renouvellement du bail12. Mieux vaut donc disposer d’un DPE à jour avant toute mise en location.

La « valeur verte » : la récompense des logements bien protégés

L’effort sur le confort thermique ne se perd pas à la revente d’un bien. Selon le dernier bilan des Notaires de France13, en 2024 un appartement classé A s’est vendu 16 % plus cher qu’un classé D, quand un appartement G subissait une décote de 12 %. Pour les maisons, l’écart grimpe à 25 % entre une G et une D. Au total, les étiquettes E, F et G ont représenté 40 % des ventes de logements anciens. Le marché local compte aussi : dans le Sud, la prime accordée aux logements performants figure parmi les plus élevées de France, dépassant fréquemment 15 % par rapport à un bien classé D. Pour un propriétaire toulousain, soigner l’enveloppe du bien est autant une affaire de confort qu’une opération patrimoniale.

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Maeva FLORICOURT

Rédactrice web spécialisée dans l'immobilier

En tant que rédactrice web spécialisée dans l'immobilier et la gestion patrimoniale, je décrypte l'actualité complexe de ces domaines pour la rendre accessible à tous.

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