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Le logement s’impose comme un marqueur fort du second tour des municipales à Toulouse
Rédigé par Maeva FLORICOURT le 17 mars 2026
À Toulouse, l’entre-deux-tours des municipales 2026 se joue aussi sur un enjeu très concret : la capacité à loger une métropole confrontée à la hausse des loyers et à une demande de logement social en forte progression. Lors du premier tour, dimanche 15 mars 2026, Jean-Luc Moudenc est arrivé largement en tête avec 37,23 % des suffrages exprimés, devant François Piquemal (27,56 %) et François Briançon (24,99 %). Au lendemain du scrutin, François Piquemal et François Briançon ont annoncé leur alliance en vue du second tour.
En résumé
- Le logement est un marqueur politique fort du second tour des municipales 2026 à Toulouse.
- Jean-Luc Moudenc défend une réponse à la crise du Logement par la construction.
- La gauche unie derrière François Piquemal mise davantage sur la régulation des loyers, le logement social et Airbnb.
- Ce clivage prend du poids dans une métropole sous tension.
À Toulouse, les municipales 2026 se jouent aussi sur le logement
Si le logement occupe une telle place dans cette campagne municipale à Toulouse, c’est parce que la pression est déjà là. Dans la grande agglomération toulousaine, 54 786 ménages attendaient un logement social à la fin de l’année 2024, soit une hausse de 31 % depuis 2019, tandis qu’environ 46 000 logements vacants étaient recensés sur la métropole. En décembre 2025, 1 500 personnes étaient restées sans solution d’hébergement après une demande au 115.
Autrement dit, la question ne se limite pas à savoir s’il faut construire plus. À Toulouse, le débat porte aussi sur les loyers, la capacité du parc social à absorber la demande, l’usage du parc privé, la remise sur le marché des logements vacants et la place croissante des locations meublées touristiques. C’est cette accumulation de tensions qui a fait du logement l’un des grands marqueurs de la campagne.
Un autre élément explique la place prise par le sujet dans le débat électoral : le cadre métropolitain existe déjà. Le nouveau PLUi-H, adopté le 18 décembre 2025, fixe un objectif de 74 000 logements neufs en dix ans, soit 7 400 logements par an, dont 35 % de logements sociaux. Le second tour ne porte donc pas sur le constat, mais sur la méthode : faut-il s’en tenir à une logique d’offre ou intervenir plus fortement sur les loyers et sur le parc existant ?
Jean-Luc Moudenc : produire davantage, sans encadrer les loyers
Le maire sortant rejette l’encadrement des loyers et défend une politique fondée d’abord sur la construction, dans la continuité du PLUi-H adopté sous sa majorité. Sa ligne directrice ? Construire plutôt que réglementer.
Sa campagne met en avant un modèle qui repose sur l’augmentation de l’offre et sur la production de logements à prix maîtrisé. D’après les éléments avancés pendant la campagne, 25 % des logements neufs doivent être vendus à prix encadré, dans une fourchette de 3 000 à 3 500 € le mètre carré, en plus des 35 % de logements sociaux inscrits dans le PLUi-H.
Cette approche repose sur une conviction politique : pour faire baisser la pression sur le marché, il faut produire davantage, plutôt que multiplier les contraintes. C’est l’une des lignes les plus nettes de son programme logement et l’un des principaux points de rupture avec la gauche toulousaine.
Avant la fusion, François Briançon plaidait pour le logement abordable et l’encadrement des loyers
Avant l’accord conclu avec François Piquemal, François Briançon portait une ligne plus régulatrice que celle de Jean-Luc Moudenc, avec un accent marqué sur le logement abordable. Son programme en bref prévoyait :
- 15 000 logements à loyers modérés à Toulouse,
- 7 500 logements d’accession sociale à la propriété,
- La rénovation de 30 000 logements,
- L’encadrement des loyers,
- Mais aussi 500 logements passerelles et l’objectif de zéro enfant à la rue.
François Briançon voulait déposer une candidature de Toulouse Métropole auprès de l’État avant fin 2026 pour expérimenter l’encadrement des loyers. Il défendait aussi un recours plus large au bail réel solidaire et souhaitait abaisser de 120 à 90 jours par an la durée autorisée pour les meublés touristiques. Sa proposition consistait donc à combiner davantage de logements accessibles, une rénovation massive et une intervention plus directe sur le marché locatif.
François Piquemal défend la ligne la plus offensive sur les loyers, le logement public et Airbnb
Le programme de François Piquemal est le plus détaillé sur les instruments de régulation. Il prévoit :
- De demander à l’État l’expérimentation de l’encadrement des loyers,
- D’instaurer un gel pluriannuel des loyers dans le parc de Toulouse Métropole Habitat,
- Et de renforcer juridiquement ce mécanisme pour pouvoir aller jusqu’à un encadrement à la baisse.
Son programme présente cette mesure comme centrale pour stopper la spéculation et redonner de l’accessibilité au parc privé.
Sur le logement social, François Piquemal affiche un objectif de 24 000 nouveaux logements sociaux sur le mandat, soit 4 000 par an dans le prochain PLUi-H. Son programme prévoit aussi davantage de préemptions, d’acquisitions publiques, de requalification d’îlots dégradés et une montée en puissance de Toulouse Métropole Habitat, avec un passage annoncé de 500 à 1 000 constructions par an et de 750 à 1 500 réhabilitations.
La même logique se retrouve sur le parc privé et les usages du logement. Le candidat LFI veut généraliser le permis de louer, renforcer le contrôle des logements indignes, limiter les logements de type Airbnb à 90 jours et créer un Atlas du foncier invisible métropolitain pour identifier notamment les bâtiments vacants, sous-occupés et les friches. Là encore, l’idée n’est pas seulement de construire plus, mais de reprendre la main sur l’existant.
À savoir
Au lendemain du premier tour, François Piquemal et François Briançon ont annoncé une liste commune pour le second tour. L’accord prévoit que François Piquemal prenne la tête de la liste pour la mairie, tandis que François Briançon est annoncé à la métropole en cas de victoire.
Pourquoi cette question du Logement continuera de compter après le 22 mars ?
À Toulouse, la campagne de ces municipales ne se résume plus à une opposition classique entre majorité sortante et opposition. Elle met face à face deux façons très différentes de répondre à une même question : comment loger une ville attractive, en croissance, où la tension immobilière devient de plus en plus visible pour les ménages, les familles, les étudiants et les actifs. Quel que soit le résultat du second tour du 22 mars 2026, le logement restera sans aucun doute l’un des premiers tests politiques du futur mandat à Toulouse.

