Devenir propriétaire
Temps de lecture : 3 min
Vous êtes parent d’un enfant de moins de 3 ans ? Le PTZ 2027 vous concerne !
Rédigé par Maeva FLORICOURT le 06 octobre 2026
Relu et validé par Julien PELISSIER
C’est l’une des surprises du projet de budget 2027. Le prêt à taux zéro, jusqu’ici réservé aux primo-accédants, pourrait s’ouvrir aux familles déjà propriétaires qui attendent un enfant ou en ont un de moins de trois ans. Une mesure très attendue, mais qui doit encore franchir l’obstacle du Parlement.
En résumé
- Le projet de budget 2027 prévoit d’ouvrir le PTZ aux ménages attendant un enfant ou ayant un enfant de moins de trois ans.
- Les parents déjà propriétaires de leur résidence principale pourraient y accéder, ce qui est aujourd’hui exclu.
- Ce droit ne serait accordé qu’une seule fois par bénéficiaire, sous conditions de ressources.
- La mesure doit encore être votée par le Parlement, en principe d’ici fin décembre 2026.
- Le montant du prêt et les justificatifs restent à préciser. La mesure entrerait en vigueur avec la loi de finances pour 2027.
PTZ parentalité : les parents déjà propriétaires deviennent-ils éligibles ?
La réponse est oui, sur le papier. Déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 20261, le projet de loi de finances pour 2027 lève la condition de primo-accession dans un cas précis. L’emprunteur devra justifier, au moment de l’offre de prêt, d’un enfant à naître ou d’au moins un enfant de moins de trois ans à sa charge2.
Le changement est de taille. Depuis sa création, le PTZ est réservé aux ménages qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années, sauf rares exceptions (invalidité, catastrophe naturelle, etc.). Un couple propriétaire d’un deux-pièces qui attend son premier enfant en était exclu. Le texte va plus loin encore : des ménages ayant déjà bénéficié d’un PTZ pourraient y prétendre une seconde fois.
PTZ 2027 : conditions, montant et calendrier du nouveau dispositif
La mesure a d’abord été annoncée le 23 septembre par le Premier ministre, dans une lettre adressée aux acteurs du logement social réunis au congrès HLM de Bordeaux3. Le texte budgétaire en a repris l’essentiel, mais plusieurs paramètres restent en suspens.
| Étapes/Conditions | Statut au 6 octobre 2026 |
|---|---|
| Ouverture aux parents (grossesse ou enfant de moins de 3 ans) | Inscrite dans le projet de loi |
| Levée de la condition de primo-accession | Inscrite dans le projet de loi |
| Une seule fois par bénéficiaire | Inscrite dans le projet de loi |
| Plafonds de ressources | Ceux du PTZ actuel, selon l’annonce gouvernementale |
| Montant maximal | Non fixé par le texte |
| Prolongation du PTZ au-delà de 2027 | Annoncée, mais absente du projet de loi |
| Vote définitif | Attendu d’ici fin décembre 2026 |
L’évaluation préalable du texte chiffre le coût du dispositif à 466 millions € par génération de prêts, une dépense étalée sur six ans (environ 93 millions € par an en rythme de croisière)4. Le gouvernement prévoit aussi de supprimer le plafond annuel de dépenses du PTZ, fixé à 2,1 milliards €. Une bonne nouvelle pour les futurs acquéreurs, d’autant que le PTZ a le vent en poupe : près de 73 000 prêts ont été accordés en 2025, contre 44 466 l’année précédente.
À SAVOIR
Le texte prévoit une sanction dissuasive. Si l’emprunteur obtient ce PTZ « parentalité » alors qu’il en a déjà bénéficié, il devra rembourser l’avantage perçu, majoré de 25 %. Les modalités de justification seront fixées par arrêté.
Pourquoi le PTZ cible-t-il les enfants de moins de 3 ans ?
Le gouvernement affiche aussi un objectif démographique. La natalité recule en France, avec 645 000 naissances en 2025 et un indicateur de fécondité tombé à 1,56 enfant par femme5. Le nouveau PTZ doit y contribuer « de façon indirecte », selon l’évaluation préalable du texte.
Le seuil de trois ans répond à une réalité de terrain. Une naissance double la probabilité de déménager dans les quatre années qui suivent. Entre la recherche d’un bien, la revente du logement actuel et le montage du financement, un projet immobilier prend souvent plusieurs mois, parfois plus d’un an. Le contexte de marché renforce l’intérêt de la mesure : avec des taux de crédit de nouveau orientés à la hausse6, financer sans intérêts une partie de l’achat (aujourd’hui jusqu’à 50 % du coût de l’opération pour les ménages les plus modestes) allège sensiblement la mensualité.
Acheter plus grand avec le PTZ parentalité : comment se préparer ?
Rien n’est encore acquis : le budget doit d’abord être adopté, puis le Parlement devra se prononcer sur le texte. Les prochains mois seront donc décisifs et c’est aussi le bon moment pour préparer votre projet si vous êtes concerné.
- Première étape : faites estimer votre logement actuel. Sa valeur détermine votre apport et donc la surface que vous pourrez viser.
- Deuxième étape : comparez votre revenu fiscal de référence aux plafonds actuels du PTZ7.
- Troisième étape, souvent négligée : choisissez entre revendre votre premier logement et le mettre en location. Chiffrez les deux options, car le bon choix dépend à la fois de votre fiscalité et du marché local.
Nos sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de finances pour 2027 » ↩︎
- Projet de loi de finances pour 2027, article 7, I, A (nouveau d du I de l’article L. 31-10-3 du code de la construction et de l’habitation) ↩︎
- Banque des Territoires (Caisse des Dépôts), « Congrès HLM : le gouvernement consent un effort budgétaire, la fronde sur les APL persiste » ↩︎
- Évaluations préalables du projet de loi de finances pour 2027, article 7, paragraphe 4.2.1, (coût générationnel de 466 M€ : 69,9 M€ la première année, puis 93,2 M€ par an) ↩︎
- Insee, « Bilan démographique 2025 », Insee Première n° 2087 ↩︎
- Banque de France, « Panorama des prêts immobiliers aux ménages » ↩︎
- Service-public.gouv.fr, « Prêt à taux zéro (PTZ) », rubrique « Plafonds de ressources » ↩︎

